Portrait d'une femme souriante assise sur un escabeau dans un atelier d'art avec plusieurs toiles et cadres derrière elle.

Parcours

Née en 1967, une enfance à Antibes, une carrière professionnelle à Paris et au delà des mers, Gwenaëlle Le Mée s’apprête à retourner aux sources familiales, au Pays du Léon dans le Finistère nord.
Son intérêt pour l’art était au départ une douce esquisse, une récréation et une ambiance familiale. Ce goût pour l’esthétique est entré assez vite dans sa vie professionnelle.


Journaliste, monteuse, directrice artistique, éditrice, ses matières de prédilection ont toujours été l’image et les mots mis en rythme dans un texte, une maquette, un montage, une émission ou un ouvrage.
Puis est arrivé le temps de la tentation nécessaire à l’expérimenter, à l’éprouver, à le pratiquer. De divers cours de techniques et ateliers suivis à Paris et à l’étranger – une longue expatriation entre Doha et Beyrouth – en passant par l’obtention d’une licence en arts plastiques à l’université Panthéon-Sorbonne à Paris, son choix s’était incliné tout d’abord à l’abstraction, ouverture à toutes les libertés. La redécouverte de son vieux boitier Olympus argentique au fond d’une caisse l’a remis au goût de l’objet, de la technique. Une évidence.

Sa vie bascule après deux cancers. Ces épreuves ne deviennent pas le sujet de son art, mais en sont le déclencheur : une invitation à exister autrement. Elle explore l’éphémère et la transformation, territoires où la photographie dialogue avec la peinture et la matière.


La première fois où elle expérimente la technique du transfert photographique, c’était lors d’un travail sur la mémoire des lieux au Moyen-Orient en 2012. Dès lors, l’image sera éprouvée, malmenée, puis retouchée et réparée avec des pigments, des encres, des glacis ou autres expérimentations, jusqu’à ce que le mouvement soit. Elle reliera ce choix de technique - de création unique - à l’acte de réparer. Sublimer les blessures, les cicatrices physiques comme celles de l’âme. Les paysages de la côte Atlantique et de l’Islande comme fond d’inspiration .. et de convalescence.

Depuis quelques mois, Gwenaëlle Le Mée a décidé de faire évoluer son travail. Nouvelle étape, de la réparation à la métamorphose, “une progression optimiste et qualitative” dit-elle. Elle se tourne désormais vers le tirage pigmentaire d’art en édition limitée, dont les encres, résistantes à la lumière et au temps, garantissent une qualité muséale. Ses papiers d’impression sont choisis avec soin : Arches, papiers écologiques d’Hahnemühle ou des papiers japonais faits main. Toujours ce côté matière qui est important chez elle. Et le geste, lui, reste essentiel. Comme le marouflage sur papier japonais, mené selon des méthodes ancestrales à la colle d'amidon et aux pinceaux spécifiques, exige concentration, souffle et méditation. « Une lenteur rare à l'heure des écrans. » Pliages ou accidents deviennent parfois partie intégrante de l'œuvre. Chaque tirage est ensuite rehaussé à la main (peinture acrylique, aquarelle, crayons de couleur, pastel, pigments purs,..), rendant chaque pièce unique malgré son caractère sériel. Ces interventions manuelles, précises et intuitives, font de chaque œuvre un hybride entre photographie et peinture.

Entre réalité et réinvention poétique

« Ma démarche artistique est une conversation entre le réel et l'imaginaire, où la photographie n'est qu'un point de départ - une matière première que je réinvente par la superposition, les textures, les hasards et le geste. Au cœur de ce processus : l'acte de transformer, une intervention manuelle qui insuffle une nouvelle vie à l'image. La nature, source d'inspiration contemplative, guide chaque pièce, qu'elle prenne forme sur papier, toile, tissu ou autre médium. Chaque œuvre incarne cette métamorphose, où l'image se déploie en objet sensible, chargé de sens et de poésie. Quand la nature qui m’inspire vacille, mon travail devient un refuge.

Et si l'art pouvait, le temps d'une contemplation, envelopper le monde de douceur ? »

Dates

Gwenaëlle Le Mée a reçu le prestigieux Prix Jean Larivière à l’Orangerie du Sénat au Salon National des Beaux Arts 2024.

Presse