COCON
une nature en suspens
Face à l’urgence climatique, alors que la nature subit des vagues de chaleur sans précédent, mon travail devient un refuge. Et si l’art pouvait, le temps d’une contemplation, envelopper le monde de douceur ?
À travers la superposition d’images de paysages, les transparences, les lumières tamisées et les tons laiteux, je cherche à créer un cocon visuel pour la nature. Mes tirages, réalisés sur papier Murakumo (42 g/m²) – Murakumo, « masse de nuages » en japonais –, allient légèreté et force, texture brute et délicate. Ce papier washi, tissé de fibres de mûrier, devient le support d’une image que je maroufle avec une colle traditionnelle à base d’amidon de blé (shofu nori), sur un papier kozo pour le renforcer, tout en révélant ses nuances. Ce premier marouflage, réversible, prépare l’œuvre à sa métamorphose finale.
Ensuite, je contrecolle l’ensemble sur un panneau bois que je fabrique moi-même, aussi artisanal que les matériaux qui le composent. Chaque geste est lent, méthodique, presque méditatif. Parfois, j’interviens directement sur l’image avec des crayons de couleur ou de la peinture, pour rehausser des détails, ajouter une touche de lumière, accentuer une couleur ou souligner une émotion.
L’œuvre finale exige du temps, celui de l’artiste, et également celui du spectateur. Elle se dévoile dans la durée, comme un paysage de l’âme, un silence visuel où se mêlent nos intérieurs et l’infini de la nature. Je l’imagine comme une invitation : s’arrêter, observer, et laisser les couches de papier, de lumière et de texture guider son regard vers une nature à la fois fragile et résiliente.
Ici, pas de cri, pas de violence. Juste l’écho d’un monde à protéger, et la promesse que l’art, lui aussi, peut être un refuge, un espace où le spectateur devient, le temps d’une pause, le gardien de cette beauté éphémère.
Projet en cours …. A découvrir du 9 septembre au 1er octobre à la galerie Atsikal, Paris 6e.